Médias & Contenus  >  Actualités  >  Christophe Poupinel (ooreka.fr) : « Contenu digital : la qualité fera la différence sur Google.fr »

Christophe Poupinel (ooreka.fr) : « Contenu digital : la qualité fera la différence sur Google.fr »



Il y a peu, je préparais un voyage au Cambodge en recherchant sur Google et m’énervais de devoir aller sur cinq ou six sites médiocres avant de tomber sur le guide bien fait de Lonely Planet. Étant le fondateur d’un site web dont la promesse repose sur la qualité de son contenu, et le modèle sur la publicité en ligne, c’est un sujet auquel je suis forcément sensible. Ai-je raison d’investir autant sur nos contenus ? Même si ma recherche sur le Cambodge n’en apporte pas la preuve, voici pourquoi je pense que la qualité finira par payer et qu’un jour Google présentera dans les premiers résultats de son moteur de recherche essentiellement des contenus de qualité.

C’est l’intérêt de Google

« Tout comme un distributeur se doit de présenter sur ses rayons de bons produits au bon prix, Google a intérêt à présenter des réponses de qualité, sinon les internautes iront faire leurs recherches ailleurs. Et si l’on raisonne par l’absurde, quel intérêt aurait Google à mettre en avant des contenus médiocres ? L’histoire récente nous donne quelques éléments de preuve. La lutte que Google a menée contre la non-qualité s’est intensifiée à partir de 2010 alors que l’écosystème digital lui reprochait de laisser apparaître dans ses résultats des « sites parking » : sites sans aucun contenu et truffés de liens cliquables. En 2011, le grand ménage a débuté : Google a modifié son algorithme via des changements successifs aux doux noms de Panda, puis Pingouin, qui ont permis de nettoyer le web de ces sites parking parasites, et d’augmenter la visibilité des sites de qualité au détriment des autres (même si certains sites de qualité ont également été touchés, mais c’est un autre débat). Le graphique ci-dessus montre le trafic de deux sites édités par Ooreka.fr sur un même sujet : fenetre.ooreka.fr et guide-de-la-fenetre.com. Ces deux sites sont sortis en 2007, ont été créés par la même équipe technique et comportaient à l’origine le même nombre de pages. Au fur et à mesure des années, nous avons complété, enrichi, mis à jour le site fenetre.ooreka.fr, alors que nous n’avons plus investi et créé de contenus sur le second site. On constate clairement que de 2007 à 2011, le surinvestissement en contenus sur fenetre.ooreka.fr ne payait pas : les deux sites progressent de la même façon. C’était l’époque où les cigales se régalaient, nul besoin de faire trop d’efforts pour avoir du trafic. En 2011, Panda est arrivé, a dévoré les cigales et récompensé les fourmis : fenetre.ooreka.fr fait aujourd’hui 15 fois plus d’audience.

La qualité, c’est quoi ?

Si Google est devenu très clair dans ses recommandations SEO : « Offer quality content and service », comment évalue-t-il la qualité ? Enorme mystère, mais une chose est certaine, l’avis des internautes pèse dans la balance. Tout comme Carrefour peut tester des nouveaux produits dans ses rayons et les y laisser s’ils se vendent, tout comme TF1 peut diffuser une nouvelle émission et la maintenir si elle trouve son audience, Google offre aux nouveaux sites une prime de fraîcheur : la possibilité d’apparaître en résultat de recherche et d’y rester si les internautes apprécient. Ceci permet d’éviter tout débat éminemment subjectif sur la définition de la qualité. Je ne suis pas un grand fan des contenus de Buzzfeed, et pourtant de nombreux internautes apprécient, cliquent, restent sur le site et font des likes. Autant d’éléments objectifs qui convainquent Google de continuer à bien diffuser Buzzfeed.

Le pari de la qualité est possible

Depuis la création d’ooreka.fr il y a huit ans, nous avons fait le pari de la qualité en faisant rédiger nos contenus par des experts. Nous n’avions pas le choix, notre promesse étant d’apporter aux Français des réponses d’Experts à leurs questions du quotidien, et d’éviter ainsi de galérer sur les forums à trier le bon du mauvais. Ce chemin est long. Pour traiter nos 450 thématiques, nous faisons écrire des avocats, des assureurs, des électriciens, des médecins… Pas simple de trouver ces experts, ni de les faire écrire en parallèle à leur activité principale qui garantit leur expertise. Ce chemin est coûteux. Chez nous, trois intervenants différents interviennent sur chaque page : l’auteur et deux éditeurs qui corrigent et assurent le respect de notre charte éditoriale. Notre service « Trouver une plante », qui permet de dénicher la perle parmi plus de mille fiches « plante », nous a pris trois ans et coûté plus d’un million d’euros. Nous avons fait travailler plus de quinze jardiniers auteurs parmi les meilleurs en France. Mais ce chemin vers la qualité est possible. Nos contenus sont gratuits pour l’internaute et financés par la publicité. Cette publicité qui se vend de moins en moins cher sur le web, alors que nous vendons la nôtre de plus en plus cher. Les marques sont prêtes à payer un montant élevé pour apparaître sur un contenu très affinitaire et de qualité. Non pas par humanisme, mais parce qu’elles ont un meilleur retour sur investissement grâce à des internautes plus concernés et plus attentifs. Ooreka est rentable depuis 2009, deux ans après sa création : il est donc possible de financer par de la pub la création de contenu de qualité. CQFD. Notre équation économique est différente des medias qui publient des news, contenus très rapidement obsolètes et donc plus difficiles à rentabiliser.

La qualité paiera, mais cela va prendre un peu de temps…

La qualité commence donc à payer. Cependant, il va falloir attendre encore un peu avant que le blog de l’oncle René sur son voyage au Cambodge disparaisse des résultats de Google sur des recherches génériques du style « belles plages au Cambodge ». Cela prendra le temps que les sites plus structurés créent des pages de qualité. L’internet est un média jeune, la prime à la qualité donnée par Google n’était pas si claire il y a encore deux ou trois ans. La course à la qualité vient juste de commencer ! »

Il vous reste 0 mots à lire.
Vous avez déjà un compte ? Identifiez-vous
Christophe Poupinel (ooreka.fr) : « Contenu digital : la qualité fera la différence sur Google.fr »