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La fusion des rédactions print et web dans les médias français



Alors que le mouvement est largement amorcé aux états- Unis, en Angleterre ou en Suisse, les journaux français commencent tout juste à mettre en place des projets de fusion de leurs rédactions print et web. L’intérêt est multiple, notamment rationaliser les coûts et s’adapter au nouveau rythme de l’information, désormais instantanée et participative. Quelle est la meilleure façon d'organiser les relations entre le web et le print ? Quels sont les projets en cours ? Comment les directions les mettent-ils en place au sein des rédactions ? Avec quelles difficultés ? Satellinet présente les stratégies amorcées au sein de plusieurs titres français : Le Parisien, qui veut renforcer le plurimédia, Le Monde, qui teste le système au niveau de son service politique, La Croix, qui expérimente le bimédia jusqu'à la fin de l'année, et enfin Le Nouvel Observateur, qui intègre des journalistes web dans les services print.

Avec du retard sur leurs homologues anglo-saxons (The Guardian, The Wall Street Journal, Financial Times, The New York Times…), les projets pour mieux intégrer les rédactions web et papier se multiplient au sein des quotidiens et hebdomadaires français : Le Monde, Le Figaro, La Croix, Le Nouvel Observateur, Le Parisien, 20 Minutes… Tous ont fait part de leur volonté d’opérer un rapprochement des rédactions web et papier, bousculés en particulier par les nouveaux supports numériques. Avec leur caractère instantané et participatif, internet, mobiles et tablettes exigent de nouvelles organisations au sein des médias. « Une rédaction doit vivre au rythme du digital, c’est-à-dire en temps réel et en en faisant une priorité : les longs papiers et les enquêtes doivent aussi être mis en ligne sur internet, indique à Satellinet Benoît Raphaël, conseiller de Claude Perdriel pour la stratégie numérique du Nouvel Observateur. Aujourd’hui, les journalistes participent peu au site web et pas toujours de la meilleure des façons. Les services web rassemblent souvent des journalistes plus jeunes, moins bien payés, réduits au bâtonnage de dépêches. C’est l’inverse qu’il faut faire et mettre la force éditoriale d’un média sur le web. » En France, les médias tentent donc de s’adapter avec la mise en place de projets depuis le début de l’année. Tous avancent prudemment et de manière pragmatique mais l’objectif est le même : profiter du développement des audiences sur les supports numériques pour trouver de nouvelles recettes tout en diminuant les coûts de production.

LE MONDE COMMENCE PAR LA FUSION DE SES SERVICES POLITIQUES

La nouvelle direction du Groupe Le Monde, (1 300 collaborateurs dont 564 journalistes), conduite par Erik Izraelewicz depuis février dernier, souhaite développer ses activités numériques selon les grandes orientations dressées par les nouveaux actionnaires, Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse. Cela passe

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