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Les éditeurs de presse attaquent Google devant l'Autorité de la concurrence, alors que 300 sites d’information se sont déjà pliés à ses règles d'indexation



Depuis le jeudi 24 octobre, Google interprète la loi sur le droit d’auteur en n’affichant plus dans ses résultats de recherche que le titre des articles des médias en ligne considérés comme “publications de presse”. A moins qu’ils n’ajoutent trois balises dans leur code HTML pour exprimer l'étendue de l'indexation souhaitée pour leurs contenus et sans être rémunérés en contrepartie.

mind Media a analysé les choix de plus de 1000 sites d’information hexagonaux : près de 300 d’entre eux se sont déjà pliés aux nouvelles règles. Interrogés, les éditeurs de presse déclarent n'avoir pas eu le choix et vont déposer des plaintes contre Google devant l'Autorité de la concurrence.

 

Article publié initialement le 21 octobre, et mis à jour le 24 puis le 27 octobre avec les dernières données disponibles et les réactions des éditeurs.

Six mois après l’adoption par le parlement européen de la directive sur le droit d’auteur, contraignant théoriquement les plateformes à rétribuer les éditeurs de presse et les auteurs pour l’agrégation de certains contenus, deux mois après sa transposition dans le droit français et un mois avant son entrée en vigueur dans l’Hexagone, Google a précisé le 25 septembre la façon dont il entendait l’appliquer.

Qu’est-ce que la directive sur le droit d’auteur ?
 
Le Parlement européen a approuvé le 26 mars 2019 la proposition de directive sur le droit d’auteur, qui contraint notamment les plateformes les plus importantes (celles d’au moins trois ans d’existence, ayant des revenus annuels supérieurs à 10 millions d’euros et plus de 5 millions de VU mensuels) à installer des dispositifs de filtrage des contenus pour prévenir leur piratage (nouvel article 17) et crée pour les éditeurs de presse un droit voisin donnant lieu à un mécanisme de rétribution (nouvel article 15). Elle a été transposée dans le droit français le 24 juillet 2019 par la promulgation de la loi n° 2019-775. 


Le groupe a affirmé que, quoi qu’il arrive, il ne rémunérera pas les éditeurs pour leurs contenus présents dans les résultats proposés par son moteur de recherche. Son algorithme de référencement ne changera pas, mais l’affichage des articles sur le search classique, Google Actualités et Explore, différera selon la volonté des éditeurs. En effet, le moteur de recherche affiche aujourd’hui par défaut les titres et aperçus des articles dans ses résultats de recherche.

Depuis jeudi 24 octobre, seuls les titres sont indexés par défaut ; les médias devant indiquer de manière explicite aux robots d’exploration de Google s’ils souhaitent qu’une photo (“vignette”), un extrait vidéo ou un résumé (“snippet”) l’accompagnent, et la taille de chacun. Ce changement de régime ne concerne toutefois que les sites qui choisiront de continuer à être considérés par Google comme “publication de presse européenne”, puisque le périmètre de la loi sur le droit voisin recouvre les éditeurs de contenus. Le groupe a donc adressé ces dernières semaines un email en ce sens à certains &eac

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