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Comment Challenges et Renault amorcent leur projet de contenus embarqués dans les voitures



Le groupe automobile Renault a présenté mardi 2 octobre le projet d'intégration des contenus de Challenges dans ses voitures. Le format audio est pour l'instant privilégié.

 

Objectifs

En décembre 2017, Renault a investi cinq millions d’euros pour acquérir 40 % des parts du groupe Challenges et travailler ensemble sur l'intégration de contenus produits par l'éditeur (Challenges, Sciences & Avenir, L'histoire, Historia, La Recherche). Le projet va s'étaler sur plusieurs années et nécessite plusieurs millions d'euros d'investissement.

L'objectif pour Renault (3,76 millions de véhicules en 2017) est d'anticiper les usages autour de la future voiture autonome en proposant au sein de ses véhicules une nouvelle expérience, via des contenus de qualité : le groupe estime que lors de l'achat d'un véhicule, ce sera un point de différenciation stratégique pour les constructeurs et les fournisseurs de services de mobilité. Quant à Challenges, il s'agit de relancer son activité média en s'adaptant aux nouveaux usages et en diffusant plus largement ses contenus.

Dispositif

Le programme a débuté en mai avec le recrutement de Frédéric Sitterlé en tant que directeur du développement numérique du Groupe Challenges (sa fiche LinkedIn). Il est responsable du projet avec son pendant côté constructeur automobile, Franck Louis-Victor, directeur des services connectés au sein du groupe Renault (sa fiche Linkedin). C'est l'audio qui a été choisi car c'est le format le plus facile à produire et à intégrer dans les voitures.

Via ses rédactions, le groupe Challenges a produit 14 podcasts natifs sur l'économie, les sciences et l'histoire, à travers des interviews de personnalités (par le mathématicien et élu politique Cédric Villani, par exemple), des éditos de ses journalistes et des making-of. Les formats oscillent de 10 minutes à une heure et plus.

L'éditeur de presse a sollicité une quinzaine de ses journalistes sur la base du volontariat. Pour les assister sur un nouveau métier (les contenus audio), il s'est rapproché de trois acteurs spécialisés dans les podcasts, pour la formation et le conseil en écriture audio, la production et la post-production : Binge Audio, Louie Media et Les Nouvelles Ecoutes. Sur chaque podcast, un binôme a été mis en place, composé d'un journaliste du groupe de presse et d'un prestataire.

Premier bilan

Ce qui est présenté actuellement par Renault et Challenges au Mondial de l'Automobile n'est pas un prototype audio interactif. Cela prend la forme d'une expérience immersive au sein d'un habitacle de véhicule, à travers quatre scénarios projetés en vidéo sur 220 degrés : du domicile au bureau, un voyage en famille, en route vers un rendez-vous professionnel, le retour au domicile en fin de journée.

"Ces vidéos montrent vers quoi nous voulons aller et les podcasts natifs sont une première étape. Notre objectif désormais, tout au long des prochains mois, sera d'effectuer des expérimentations pour concevoir et intégrer dans les voitures une intelligence artificielle capable de proposer des flux audio personnalisés, interactifs et à la demande", indique Frédéric Sitterlé.

Un système de lien hypertexte vocal est imaginé pour choisir et naviguer de contenu audio en contenu audio. "C'est le plus délicat, il faudra une expérience utilisateur très qualitative, avec beaucoup de fluidité. Cela passe par une infrastructure technique audio efficace mais aussi par une intégration optimale de cette technologie avec les autres technologies présentes dans les véhicules", souligne Franck Louis-Victor. Deux brevets, pour la navigation audio et pour l'enrichissement des contenus, ont déjà été déposés.

Et après ?

La question du modèle économique et du type de commercialisation n'est pas encore soulevée. L'objectif affiché est d'être en capacité d'industrialiser un dispositif audio à la demande au sein des véhicules de Renault dans 24 mois. Le constructeur affirme mobiliser une cellule dédiée d'une quinzaine de personnes. L'infrastructure technique du projet est supervisée par Publicis Sapient, Renault étant un client historique du groupe Publicis.

D'ici-là, Challenges veut se servir de ce projet pour être "un modèle d'innovation dans les médias" : digitaliser ses équipes, transformer la culture interne et utiliser les contenus qui peuvent l'être. D'ores et déjà, Challenges exploite déjà les podcasts produits via la mise en ligne d'une plateforme disponible ici.

 

Photo : Francesc Montero / Renault.

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