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EXCLU SATELLINET - Les éditeurs français et allemands attaquent Google devant la Commission européenne

[Article publié le mardi 13 mai à 19h, en supplément de notre n°199]

Selon nos informations, des éditeurs français et allemands vont annoncer, ce jeudi 15 mai, attaquer Google devant la Commission européenne. Cette démarche vient compléter les procédures en cours et met en avant de nouveaux excès de Google, selon l’association Open Internet Project (OIP), qui porte l'initiative. Celle-ci fédère différentes associations et des éditeurs français et européens qui s'opposent à l'entreprise américaine : CCM Benchmark, Groupe Lagardère, le Geste, ESML (le Syndicat des éditeurs de services de musique en ligne, qui rassemble Orange, Deezer, Beezik, Starzik...), SETO (le Syndicat des entreprises du tour operating), ainsi que Augsburger et Axel Springer. Son objectif est de « demander aux gouvernements de garantir une compétition loyale, aujourd’hui menacée par les abus de position dominante du moteur Google ».

Le bureau du Geste, Groupement des Žéditeurs de contenus et de services en ligne, qui rassemble la plupart des acteurs des secteurs mŽédias, vidéŽo, musique, jeux et petites annonces en France, soutient l'initiative, après avoir intégré l'OIP il y a quelques semaines (lire nos informations dans Satellinet n°199). Le Geste regroupe plusieurs dizaines de sociétés du numérique et tous les grands éditeurs français (France Télévisions, TF1, M6, RTL, Le Monde, Le Figaro, Express-Roularta, Deezer, Solocal Group, Hi Media, Dotscreen…).

Vers une demande de démantèlement de Google en Europe ?

L'OIP annoncera donc, lors d'une conférence, ce jeudi 15 mai après-midi, sa volonté de saisir les autorités de la concurrence européenne pour abus de position dominante de Google. Ses membres pointent du doigt le monopole de l'entreprise américaine et l'accusent de fausser les résultats donnés par son moteur de recherche, à l'avantage de ses propres services ou de services sélectionnés par lui. L'OIP fustige également la décision de Joaquin Almunia, commissaire à la Concurrence, qui a proposé à la Commission européenne d'accepter les propositions de Google pour mettre fin aux conflits avec les entreprises et éditeurs en ligne utilisant son moteur de recherche. La décision finale de la Commission a été repoussée sine die.

L'OIP veut désormais profiter de la campagne pour les élections européennes afin de fédérer les acteurs européens et sensibiliser les pouvoirs publics, dans la suite logique de la tribune de Mathias Döpfner, PDG du groupe Axel Springer (Bild, Die Welt, Aufeminin.com...), publiée le 16 avril.

Celui-ci, membre actif de l'OIP, y a souligné la nécessité urgente d'une intervention des autorités publiques européennes pour réduire le poids et la puissance de Google, évoquant les décisions similaires prises ces dernières années contre IBM et Microsoft aux Etats-Unis et dans l'Union européenne. Comme Mathias Döpfner, certains des membres de l'OIP évoquent la nécessité de contraindre Google à séparer strictement ses activités de moteur de recherche de ses activités de régie publicitaire. D'autres évoquent même un « démantèlement » de Google.

Le soutien d'Arnaud Montebourg

Toujours selon nos informations, l'initiative de l'OIP sera soutenue par Arnaud Montebourg, ministre de l'Economie, du Redressement Productif et du Numérique, qui sera présent jeudi 15 mai et interviendra dans un discours qui devrait être offensif. Avant cela, les dirigeants des éditeurs les plus offensifs au sein de l'OIP interviendront : Benoit Sillard (PDG de CCM Benchmark Group), Denis Olivennes (PDG de Lagardère Active) et Christoph Keese (vice-président exécutif d'Axel Springer). Des élus politiques italiens et allemand prendront également la parole.

D'autres acteurs de l'écosystème, mécontents de l'influence de Google mais rechignant à une confrontation juridique, seront présents. Certains d'entre eux attendent de savoir quel discours adoptera l'OIP, ce jeudi, avant de s'engager ou pas derrière elle. C'est le cas notamment de l'Union des annonceurs (UDA), présidée par Loïc Armand (L'Oréal), qui représente les principaux annonceurs en France. L'UDA privilégie, pour l'instant, le dialogue avec Google.

 

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